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Sous le précédent gouvernement, la CGT s’était vigoureusement opposé au projet de mise en place d’une TVA sociale. Voilà qu’aujourd’hui, le commissaire à l’investissement devrait proposer dans un rapport sur la compétitivité de baisser les cotisations sociales de 30 milliards d’euros, de réduire les dépenses publiques et d’augmenter la CSG et la TVA. Ce n’est pas cela le changement !!

D’après les médias, le commissaire à l’investissement Louis Gallois proposera dans son rapport sur la compétitivité de baisser les cotisations sociales de 30 milliards d’euros, de réduire les dépenses publiques et d’augmenter la CSG et la TVA.

Vingt milliards seraient dégagés par une baisse des cotisations patronales, les 10 autres par une réduction des cotisations salariales. Les réductions de cotisations concerneraient les salaires jusqu’à 3,5 fois le Smic.

Pour financer ces baisses, M. Gallois proposerait d’une part une « réduction massive de la dépense publique », au-delà des 10 milliards déjà prévus dans le projet de loi finance actuellement débattu au Parlement. Et d’autre part, une hausse modérée de la CSG et de la TVA, pour « pouvoir être supportée par les ménages »... !!!

Pour la CGT, le fait de transférer les cotisations sociales vers l’impôt fragilise notre système de protection sociale, car l’impôt n’assure pas un financement pérenne de la protection sociale. De plus augmenter un impôt indirect, qui est le plus injuste des impôts, va porter atteinte au pouvoir d’achat des Français et des salariés et donc à la consommation. Cela va réduire la croissance et amplifier la crise

Pour la CGT, les cotisations ne sont pas des charges qui pèsent sur le travail.

On entend dire partout : il ne faut plus taxer le travail ou il faut moins taxer le travail pour financer la protection sociale. Les termes de cotisations patronales ou de charges sociales n’ont aucun fondement, ils ne servent qu’à mystifier les salariés.

« Chacun paye selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ». Les cotisations de la sécurité sociale n’appartiennent pas au patronat, elles sont une part de notre salaire : le salaire socialisé. Toute baisse des cotisations est une perte de salaire.

Le salaire socialisé, c’est le support de la solidarité entre les actifs et les retraités, les bien portants et les malades, les salariés en emploi et ceux qui en sont privés ... . Sans salaire socialisé, à terme, c’est chacun pour soi face aux aléas de la vie et la dépendance à l’égard des assurances privées pour ceux qui le pourront.

Le salaire socialisé c’est aussi environ 500 milliards d’Euros qui échappent en partie au capital. On comprend pourquoi le patronat et les politiques liés à la finance en France et en Europe veulent le faire disparaître au profit de l’impôt indirect et des assurances privées.

Au contraire, c’est le coût du capital qui pèse sur l’économie et sur l’emploi.

Les véritables charges qui pèsent sur les entreprises, ce sont les intérêts et agios payés aux spéculateurs financiers ainsi que les dividendes record que s’octroient les actionnaires.

Ce n’est pas le niveau des salaires ou le coût de la protection sociale qui expliquent l’explosion actuelle du chômage. Au contraire, la faiblesse des salaires, la précarité de l’emploi et la baisse du pouvoir d’achat des salariés sont des freins à la relance de l’activité économique par la consommation.

Pour la CGT, les causes du recul de l’industrie manufacturière française viennent :

 D’une pression financière et à court-terme au détriment des salaires et des investissements productifs (10% de transfert du travail vers la finance, 200 milliards chaque année depuis 30 ans).

  D’un appareil productif désorganisé et incohérent

  D’un secteur bancaire qui n’assure plus le financement de l’économie et de l’industrie

  Des aides fonds publiques inefficaces pour l’emploi et le développement des entreprises.

  D’un Etat qui a perdu une véritable politique industrielle s’appuyant sur un secteur industriel et financier public avec les privatisations et l’installation de nouvelles règlementations qui ont permis la prise de pouvoir de la finance sur l’économie française
 
 Des droits insuffisants pour les salariés, une précarisation d’emploi, un niveau social mise à mal, sont des freins au développement.

Dans le secteur public, la mise en place de la RGPP avec le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux est également une catastrophe pour l’emploi mais aussi pour l’économie.

Comment croire que la baisse du « coût du travail » permettrait la création d’emplois alors que malgré 172 milliards d’euros d’exonérations fiscales et sociales et différentes aides déjà accordées aux entreprises en 2010 et malgré 11,4 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches depuis 2007 le chômage a explosé ?

Avec ce nouveau cadeau, ce seraient les actionnaires qui verraient encore leurs dividendes augmenter (120 milliards versés aux actionnaires du CAC40 ces 3 dernières années).

Article publié le 27 octobre 2012.


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