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Declaration liminaire CGT Finances Publiques Groupe de travail sur la réingéniérie des processus du 19 avril.

Au vu de l’ordre du jour proposé, nous nous interrogeons fortement sur ce que vous pouvez attendre de nous dans le cadre de cette réunion au-delà d’un formalisme institutionnel, d’autant qu’à la lecture de vos documents, il nous apparaît qu’il s’agit plus d’une information sur ce que vous décidez ou que vous avez déjà commencé à mettre en place, que d’un débat de fond sur les enjeux et les objectifs de l’évolution du contenu des missions.

Mais plus fondamentalement, la question de la réingénierie des processus que vous présentez comme une réponse aux vagues successives de suppressions d’emplois, ne correspond en aucun cas aux attentes des agents, au devenir des missions, et aux besoins des
usagers.

Alors que les conditions de vie au travail se détériorent de plus en plus, que dans les services les agents parent au plus pressé,

avec de lourdes conséquences sur l’exercice des missions vous continuez à ne pas vouloir quantifier le réel besoin en emplois à la DGFIP. Déjà les missions ne sont plus remplies à leur juste niveau, des contrôles sont abandonnés, on augmente les seuils, on rentabilise sur les enjeux financiers …

Et les agents dans tout cela.. Ils subissent, ils souffrent car malgré tout ils tiennent à effectuer correctement leur travail dans un contexte où se télescopent sans recul ni analyse, les réformes, les restructurations de service, les nouvelles procédures, les réorganisations de processus de travail…

Mais vous savez qu’il n’est plus possible de continuer ainsi. Alors rejaillissent les remèdes miracles, les mesures de simplification, la revisite des processus, l’allègement des tâches et une fois de plus en mettant en avant d’éventuels gains de productivité qui s’ils sont toujours affirmés ne sont jamais démontrés et qui n’ont jamais permis à la direction de justifier la réalité des suppressions à chaque fois annoncées. La réponse tient donc en peu de mots : faire plus avec moins ! Une nouvelle fois, cette démarche est vouée à l’échec tant les conditions d’exercice des missions s’exercent à flux tendu. Mais vous insistez ! Et pour cela, vous demandez aux personnels dans les fameux GEM de faire eux-mêmes des propositions pour améliorer la rentabilité de leur travail. Les agents doivent donc devenir des acteurs de l’augmentation de leur propre efficacité, synonyme aujourd’hui pour eux, de détérioration de leurs conditions de travail et d’abandon de mission.

Pour la CGT, le problème n’est bien évidemment pas de consulter les personnels sur des pistes d’amélioration de leur travail au quotidien, afin de permettre une plus grande qualité du service rendu.. Mais la méthode est doublement pernicieuse. Premièrement elle n’a pour objectif que d’améliorer les performances pour réduire les coûts budgétaires et la masse salariale, et rendre les agents plus maniables et flexibles pour s’adapter à tout changement. Et deuxièmement, elle instrumente les agents pour qu’ils soient eux-mêmes à l’origine du tri entre les missions qui seront effectuées et celles qui pourraient être laissées à l’abandon. Mais ni les organisations syndicales, ni les agents ne sont dupes d’une telle manœuvre.

Vous comprendrez donc que pour la CGT, votre démarche de réingéniérie n’est pas acceptable ! Certes, nous ne saurions nous sommes favorables à des évolutions qui seraient guidées par le souci d’améliorer le service rendu à l’usager, au contribuable et à la collectivité, le travail des agents mais là ce n’est pas le cas !. Cette recherche effrénée de gains de productivité, loin de compenser le niveau de suppression d’emplois devient un argument pour les anticiper à un moment où rien est avéré et ou au final jamais avéré. La CGT reste donc opposée à la logique de « financement » par anticipation qui plus est, des suppressions d’emplois par des gains de productivité Elle n’accepte pas une "optimisation" des missions dictée par la seule volonté de réduire les coûts au nom d’une doctrine rigide inspirée par la logique libérale de recherche de productivité et de destruction de l’emploi public. Vous comprendrez alors, que la CGT ne participera pas à une étude et à un projet dont le véritable objectif au prétexte de rationalisation des méthodes est de supprimer une nouvelle masse d’emplois.

Pour nous, la seule réponse c’est d’arrêter cette hécatombe, de sortir de cette logique libérale et dogmatique de suppressions d’emplois et d’ouvrir d’urgence un débat sur l’adéquation des missions et des moyens. N’en déplaise à beaucoup, mais pour exercer les missions de la DGFIP, il faut des emplois, et comme nous le disions au CTPC emplois, cela se chiffre, se crée et s’implante. C’est bien cette réponse qu’attende aujourd’hui les agents !

Le 19 avril 2011

Article publié le 22 avril 2011.


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